Samedi 28 février 2009
Intervention d'Eric ZOBEL sur le thème : « Le double en mouvement : un nouveau théâtre du corps »

Metteur en scène, Directeur de l'école de théâtre Arts en scène, formation professionnelle d'acteurs à Lyon.


« Inspirée des théâtres asiatiques et des visions d'Artaud, théorisée par Edvard Gordon Craig et entrée dans l'histoire des arts vivants avec Etienne Decroux, Samuel Beckett ou Bob Wilson, l'approche du théâtre par le mouvement déplace le problème de la représentation et partant celui du double. Comme le dit Olivier Py, le théâtre de texte est devenu une catégorie du théâtre et ne recouvre désormais plus le tout du théâtre. L'exposé tâchera d'abord de définir rapidement les différentes familles du théâtre : théâtre d'identification, théâtre des paroles, théâtre organique et théâtre de mouvement. Ensuite nous verrons comment ce dernier a créé sa place dans l'art dramatique sans se confondre avec la danse et comment il entend redéfinir le concept de double. »

Plus d'infos sur le colloque ici : http://www.maisonpop.net/spip.php?article1037
Par Eric - Publié dans : Esthétique théâtrale - Communauté : Agora
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Jeudi 11 décembre 2008




Un calligramme à Apollinaire pour dire simplement que les mots du théâtre doivent danser.

Par Eric - Publié dans : Fantaisie - Communauté : Theatres
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Jeudi 11 décembre 2008

Il me reste encore à vous parler comme je l'ai promis de la mouche contre la vitre, j'en parlerai comme promis en temps voulu.

Mais avant cela, j'inaugure un nouveau jeu littéraire :  raconter une histoire inspirée par une citation de Shakespeare. Aujourd'hui je commence par
Words, words, words.

Si vous souhaitez participer à ce jeu, faites-vous connaître dans un commentaire.

Par Eric - Publié dans : Fantaisie - Communauté : Le clan des très littéraires
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Mercredi 10 décembre 2008


La lecture d’un article de Denis Guénoun dans son dernier livre Actions et acteurs m’a mis la puce à l’oreille. J’ai notamment retenu ces phrases : « (…) ce qui peut venir au théâtre lui viendra du dehors : comme tout ce qui peut arriver, à quelque chose que ce soit, à quiconque. Ce qui arrive vient d’ailleurs. Ce qui arrivera au théâtre viendra d’ailleurs que de lui. Le théâtre n’est pas ce monstre qui se nourrirait de ses propres entrailles.».

 

 

Autrement dit, le théâtre n’évoluera pas en se refermant sur lui-même, en défendant sa propre identité d’une manière autarcique. Lorsque je suis intervenu en 2005 (je crois) dans le cadre de la formation professionnelle continue des Professeurs des Conservatoires de la Ville de Paris, j’ai proposé un stage de formation sur l’écriture collective pluridisciplinaire. L’idée était de trouver un langage commun à ces disciplines : théâtre, danse, musique tout en respectant la spécificité de chaque langage. Si de nombreux professeurs de danse et de musique étaient très intéressés et ont participé, aucun professeur de théâtre n’a participé à la formation. Est-ce là une tendance des gens de théâtre que Guénoun a bien décrit ? « Une sorte d’auto-célébration du théâtre par lui-même aboutit à le couler dans ses voies de mort. Nous n’avons rien à attendre de l’identité-théâtre, du théâtre-même, du théâtre-narcisse qui se mire et s’admire dans les figures de son moi. ».

Plus loin encore il écrit : « Le théâtre n’est pas pour le théâtre, pas plus que l’art pour l’art : il se nourrira du non-théâtre, il lui viendra du non-théâtre».

Il y a donc à mon avis un problème dès lors que les gens de théâtre ne sont pas à l’écoute du dehors, de ce qui les entoure. Ce n’est heureusement pas le cas pour tous. Mais en France les vives réactions provoquées par la programmation du Festival d’Avignon en 2005 témoignent de ce refus d’ouverture.

Par la force des choses, les plus traditionnalistes ont dû admettre qu’il fallait faire entrer d’autres disciplines dans la formation du comédien : danse, chant, tai chi chuan etc. Cela a fini par convaincre tout le monde.

Mais plus largement, il faut rester ouvert, développer une écoute attentive à tout ce qui n’est pas théâtre afin de faire évoluer le théâtre lui-même.

J'ajouterai à l’article de Denis Guénoun cette remarque : le théâtre est par essence un art du dehors. C’est pourquoi toute tentative de le replier sur ses seules ressources l’appauvrit. Fondamentalement, c’est un art de la parole, intimement lié à la littérature. Les tragédies sont nées en Grèce à l’époque des concours d’auteurs et il y a là un lien étroit et historique de collaboration entre auteurs et gens de théâtre. Rien de plus différent que la littérature et le théâtre et pourtant c’est dans ce mariage mixte que naît l’art dramatique. Il y a donc déjà dans la pratique théâtrale, un travail collectif d’interprétation, d’identification, de construction sur une matière née dans la solitude créatrice d’un auteur qu’est une œuvre littéraire. Il y a déjà une étrangère dans la maison.

 

Par Eric - Publié dans : Esthétique théâtrale - Communauté : Theatres
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Mardi 2 décembre 2008

 

Je croyais  en avoir définitivement fini avec la mouche, ayant assez expliqué dans un précédent article le poids de son influence dans l’histoire du théâtre. C’était sans compter sa visite improvisée et inopportune jusque dans l’actualité théâtrale la plus récente. J’y reviendrai mais je voudrais avant cela expliquer en quelques mots mon concept : il s’agit pour moi dans cette série d’articles de montrer que la mouche est une actrice de « l’histoire des arts vivants » comme on dit dans des lieux peu fréquentables que j’ai peu fréquentés. Donc la mouche fait l’histoire du théâtre, on la retrouve comme par hasard à des moments cruciaux de l’histoire du théâtre : en Grèce Antique accompagnant l’âme des morts et punissant les mauvais, à Versailles au temps du somptueux Racine, vous la voyez qui butine dans les très grands cloaques du très grand Palais du grand Roy etc.

Si vous me permettez une digression, la mouche fait même l’essentiel du théâtre. Un spectacle repose peut-être uniquement sur les mouches qui volètent autour des acteurs. N’y voyez pas une incitation à ne pas se laver afin de réussir la scène de Racine à l’audition du Conservatoire de Paris. Il ne faut pas non plus confondre les vraies mouches de l’histoire avec les mouches du XVIIème et XVIIIème siècle qui ne sont, sur les joues des dames, que de pâles imitations de cellules cutanées cancéreuses. La mouche est à l’image de l’être humain. Dans Acte sans Paroles I, Samuel Beckett s’amuse à représenter l’homme enfermé dans une sorte de cage, rêvant d’en sortir mais sans cesse torturé par les dieux au-dessus de lui qui prennent plaisir à le faire souffrir, l’agaçant, jouant avec lui comme ces abrutis qui emmerdent un albatros. Les Dieux n’ont-ils rien de mieux à faire que de taquiner l’homme ? Comment peuvent-ils occuper leurs divines journées à tel enculage de mouches ?

La mouche est donc cet élément subtil, minuscule, infime et fondamental qui fait d’un spectacle un grand spectacle. Voilà qui rabaisse le caquet de nos grands metteurs en scène, représentants de cette vanité humaine à tout régenter, à tout maîtriser dans toute œuvre. La mouche c’est un peu la cerise sur le gâteau, le point de beauté sur une joue, le sens même de l’œuvre humaine. Beaucoup de travail et une mouche pour faire œuvre. D’ailleurs nos édiles ne s’y sont pas trompés.

 Toute la politique culturelle tourne autour de la mouche. En effet, comment développer l’art et la créativité à l’échelle d’une ville, d’une région, d’une nation ? Nos élus l’ont compris, ils n’ont eu qu’une réponse : la mouche ! En quelques mots, je vais vous dévoiler trois stratégies d’intervention publique afin de développer les mouches artistiques au sein d’un territoire quelconque. Notez que les techniques sont délicates et qu’il y faut les pincettes et la patience du chirurgien pour y parvenir.

Première technique : C’est la plus simple mais celle qui donne le moins de résultats. Vous laissez tomber une nourriture quelconque (marché public, subvention diverse etc.) au beau milieu de nulle part et vous attendez un peu. Rapidement, vous allez voir comment les mouches foncent sur la nourriture, casque baissé sur la tête, lunettes à mille yeux enfoncés sur le crâne. La technique est efficace mais peu satisfaisante, vous avez toujours les moucherons qui râlent, et les grosses mouches qui s’empiffrent. Non seulement c’est peu communiste mais en plus cela n’offre que peu de choix de diversité. Toujours les mêmes mouches et peu de mixité. On peut rendre certes la technique plus fine en développant par exemple un marché public assorti d’un cahier des charges précis : lutter contre la violence, le racisme etc. Les bons sentiments, ficelés avec le bloc de nourriture lâché au milieu de nulle part, ont tout de même cet avantage : vous pouvez attirer les mouches vertes, les mouches bleues, autant de types de grosses mouches que vous souhaitez.

Mais passons à la deuxième technique. On attrape les mouches au vinaigre c’est bien connu. Mais sait-on aussi qu’on peut les nourrir par la technique du saupoudrage ? L’art est assez subtil, le geste doit être précis, fluide et souple. Il faut saupoudrer de façon uniforme en veillant à ne pas se laisser distraire par la qualité d’un projet, le talent d’un artiste ou la nullité d’un artiste ou d’un projet. Tout ce qui dévie l’attention du saupoudreur est dangereux : il compromet le geste du politique étalant les talents. Tout doit être uniforme, chaque mouche sera traitée comme une citoyenne à part entière ayant droit à autant. Les nids de mouches auront plus proportionnellement c’est normal : les Opéras, les Grands Théâtres. Nul ne le conteste. Mais là n’est pas l’intérêt du saupoudrage : c’est plutôt dans cette opération chirurgicale qu’est tout le génie : comment avoir un mouvement assez subtil pour saupoudrer sans faire éternuer les mouches, que la couche soit fine comme la neige tombée aux débuts de l’hiver, comme un poisson enfariné à la poêle ? C’est du grand art comme celui des bonzaïs.

Troisième technique J’évoquerai rapidement la troisième technique mais je n’approfondirai pas le sujet trop longtemps tant il semble que cette technique semble désuète et très peu maîtrisable par des édiles peu cultivés : il s’agit de faire une vraie politique culturelle d’éducation populaire mais c’est vraiment trop ringard, excusez-moi de l’avoir évoqué c’était juste par honnêteté intellectuelle.

Dans le prochain article, je parlerai de la dernière apparition signalée d’une mouche et des mouches contre la vitre qui inventèrent un jour le mime corporel dramatique.

 

Par Eric - Publié dans : Politique culturelle - Communauté : Le clan des très littéraires
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Mercredi 20 août 2008


Le 20 août 2008, les membres de l'assemblée Constituante, c'est-à-dire moi seul,  réuni au Je du Paumé ont adopté la présente déclaration subjectivement universelle de l'erreur.


Article I

Les hommes naissent libres, égaux et errants en droits.

Article II

Cela vous aide quand même un peu si vous êtes bien né.

Article III

Errants de prolétaires, fils et fille de rien ou de pas grand chose, ne prenez pas l'article II comme un prétexte pour ne rien faire. Et surtout ne passez pas votre vie à fulminer contre les riches, les puissants, les cultivés, les hommes à femmes, les femmes à hommes, les hommes à hommes, les femmes à femmes, les chiens et les chats et les socialistes, personne n'est parfait.

Article IV

Considérant que l'Assemblée Nationale de la Divine Conception a délibéré par erreur lors de sa décision de faire l'homme et que subséquemment, l'homme est une erreur pour l'homme, les signataires de la présente déclaration considèrent que :

L'homme a le droit universel, imprescriptible et inaliénable à l'erreur.

Article V

L'erreur est humaine autant que l'homme est errant.

Article VI

L'erreur est déclarée bénéfique et souhaitable pour le genre humain.
Ceux qui l'évitent sont des animaux, des robots nerveux, des mannequins de chair et d'os assemblés. Et les membres de la dite assemblée ne veulent même pas leur faire la bise ni leur présenter leur joue mal rasée.

Article V

L'erreur est au fondement de toute invention technique , de toute création artistique.

Article VI

Il sera voté des lois, des règlements et des techniques (notamment  la technique de la danse classique et la logique d'Aristote) pour que les hommes puissent les enfreindre et commettre ainsi des erreurs.



Fait à Lyon (ville fondée par erreur), le 20 août 2008 (si je ne m'abuse)



Par Eric - Publié dans : Fantaisie - Communauté : Le clan des très littéraires
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Lundi 18 août 2008



Héééé Pardon Scusez-moi ! Mesdames Messieurs ! Ouah j’ai fait une entrée en fanfare ! Bon excusez d’interrompre la fête là, c’est pour faire une annonce. Bon, voilà, non mais c’est pas pour rigoler, c’est sérieux. Est-ce que vousavez pas vu pas tout ? Pa-tou ?Pas-vu-Pa-tou ? Quelqu’un a pas vu Patou ? Pourquoi vous rigolez, c’est une annonce sérieuse ! (Elle découvre la fleur dans sa main :) Oh ! mais c’est de mon amoureux ! Oh ! Patou… (Pendant la danse de la fleur) Oh mais… J’m’amuse ! J’m’amuse !

 

 

Bon ben c’est pas  ça qui va m’ramener Patou. Alors j’vous explique, Patou c’est mon amoureux. Y’en a qui ont lu sur une affiche « Zéa recherche Droomy », mais ça c’est une vieille affiche, Droomy c’est mon ancien amoureux. Aujourd'hui c'est Patou, ben oui, ça change, c'est la vie,  les rencontres, les ruptures, les captures, la nature ! Patou c’est pas pareil. (soupir). Patou il a une pâtisserie dans un autre quartier de la grande ville qui était pas grande au début et qui d’un coup elle a poussé comme une fleur… une grosse fleur. Alors on avait rendez-vous ici Place des Capuchiens, au début de la fanfare. Patou m’a dit : « Chérie, rendez-vous place des capucins pour la fête, ça va démarrer en fanfare ! ». Il est drôle ! Mais drôôôle !… J’m’amuse ! J’m’amuse ! Bon… Bah tiens j’y pense… J’espère qu’il m’a fait le coup d’aller travailler ! Alors lui il travaille tout le temps, il m’dit toi « tu penses qu’à t’amuser, moi je bôsse, p’tite. » Ah là là, Il est marrant quand il s’énerve…Patou… (elle rit) J’m’amuse ! J’m’amuse ! J’espère qu’il m’a pas fait le coup d’aller travailler et qu’il a oublié le rendez-vous ! Parce que bon il m’appelle « ma petite cerise sur le gâteau », mais c’est pour qui le gateau ? c’est quoi le gâteau ? je suis un peu jalouse du gâteau moi. Au fait, en parlant de gâteaux, les gâteaux de Patou ! J’ai  pas assez de points d’exclamation pour les décrire ! Ils sont si bons, ils sont d’une bonté ! J’adore ! D’ailleurs c’est à ça que je reconnais Patou souvent : il a l’odeur du gâteau, ça m’attire. (elle rit comme une folle) J’m’amuse ! J’m’amuse ! Bon v’nez avec moi, on va chercher Patou.

 

(Jeu de la Patrouille)

 

 

Oui !!! Stop !!! (Elle découvre un monsieur dans le public) Il lui RESSEMBLE ! (Elle s’approche de lui) Vous avez de la chance, vous ressemblez à Patou ! (on lui apporte sa malette).

Vous êtes pas pâtissier par hasard ? J’m’amuse  ! Vous êtes aussi beau que lui, presque. Patou il est très beau de partout sauf les fesses. Les fesses à Patou j’aime pas, elles sont trop poilues. C’est le truc qu’j’aime pas chez lui. Et vous ça va, les fesses ? (Un temps passe comme entre deux amoureux sur une barque vénitienne)

J’peux vous chanter une chanson ?  Quand nous chanterons le temps des cerises… Alors regarde je te montre le mot de Patou (elle sort sa malette, elle cherche et finalement trouve une robe et s’exclame dessus et fait la belle puis elle drague le monsieur avec sa manière très personnelle) (romantique) C’est beau hein cette fête ? C’est quoi après ? J’ai le programme dans la malette,  je vais le chercher. (Elle essaie de soulever sa malette, elle est trop lourde. Elle abandonne. Un temps. Elle fait les yeux doux au monsieur). Vous pourriez pas m’aider s’il vous plaît ? (Il l’aide à soulever sa malette, elle met la malette sur ses genoux et l’ouvre, farfouillant  dans le fouillis) Le pro…gramme… le… programme. (Elle trouve une robe à la place). Oh ! regardez ce que j’ai trouvé. (Elle sort une robe kitsch, elle la montre au monsieur fière et un peu sexy comme si elle revenait de faire les soldes de printemps. Après avoir pavoisé, elle remet la robe dans la malette et ferme la malette). Oh j’ai oublié le programme ! Enfin c’est pas grave. Tant qu’on s’amuse. C’est beau hein cette fête ?

Alors ici c’est la place  des Capuchiens ? Mais j’vois pas de Capuchiens… C’est quoi un Capuchien ? C’est quelqu’un qui porte une capuche ? Ben là il fait un beau soleil, pas la peine. Ah je sais : ça s’appelle comme ça à cause des chiens qui font partout dans le quartier, c’est pas ça hein ? alors y’a des gens qui ramassent et d’autres qui ramassent pas, et ça c’est nul parce qu’après c’est les chaussures qui ramassent, et c’est plus des trottoirs ma bonne dame, c’est des tartines qu’on a ! (Un temps puis très rapide) Et puis on m’a dit - j’ai entendu dire - y’en a qui disent.. que c’est un quartier bizarre : tu dois pas faire trop de bruit et de musique sinon ils t’engueulent ils disent : « on peut pas dormir » mais si tu fais pas de musique du tout, ils t’engueulent aussi ils disent : « c’est mort, ce quartier». Oh la la c’est compliqué, moi dans mon quartier c’est plus simple, y’a juste une pâtisserie et une fontaine, comme ça tu peux manger et boire après parce que les pâtisseries de mon amoureux c’est étouffe-belle-mère ! Alors c’est pour ça qu’il met des cerises sur les gâteaux… Bon en parlant de cerises, ça te dit qu’on aille en cueillir ensemble ? (elle part avec lui )

 

Elle lui lâche la main, puis  revient en courant et dit au public : Eh euh voilà, est-ce que vous pouvez dire à Patou si vous le voyez que je suis partie travailler. (elle part rejoindre l'homme et l'entraîne en coulisses)


(c) Eric Zobel, juin 2006, écriture mise en scène de la clown Zéa à l'occasion de la Fête de quartier des Capucins, à Lyon.

Retrouvez la clown Zéa sur son site : http://www.leprintempssouffle.com/

Par Eric - Publié dans : Fantaisie - Communauté : Le spectacle vivant
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Dimanche 17 août 2008

Je suis toujours en attente de vos votes afin de disserter sur ce qui vous intéressera. Alors votez (voir les propositions d'articles) !

Pour ce soir je vais vous raconter une anecdote sur David Warrilow. David Warrilow était un comédien irlandais né en 1934 et décédé en 1995. Il fut l'un des interprètes les plus impressionnants de l'oeuvre de Samuel Beckett. Beckett a écrit pour lui Solo (un monologue) en 1979. Sa lecture en français de Solo : une voix profonde, rocailleuse, haletante. David Warrilow était d'un bilinguisme parfait qui fascinait Beckett (il faut le faire !). Il a joué au théâtre sous la direction de Jouhanneau, ainsi que (dit Wikipédia) dans :

Les Derniers Jours d'Emmanuel Kant (1993) de Philippe Collin, Barton Fink (1991) de Joel Cohen,Buster's Bedroom (1991) de Rebecca Horn, Radio Days (1987) de Woody Allen, Le Dépeupleur (1984) de David Warrilow (adaptation filmique du roman de Samuel Beckett).


Comme vous le constatez dans les dates précédentes, le comédien a eu une carrière tardive. A ce propos, je voulais vous raconter  une anedocte vitale (comme dit Niezsche) sur David Warrilow que j'ai lu dans une interview qu'il a donné à Edith Fournier. Avant de jouer la comédie, il a exercé de nombreux métiers qui n'avaient rien à voir avec le théâtre.


Ce qui m'a intéressé dans cette interview c'est qu'il dit qu'il a commencé le théâtre à 36 ans, après avoir été notamment typographe. Une nouvelle vie a commencé alors à cet âge. Or, dit-il depuis l'enfance, il était persuadé qu'il allait mourir à 36 ans. Etonnant, non ?




Extrait des Derniers Jours d'Emmanuel Kant avec David Warrilow



et vous pouvez aussi écouter sa voix dans Solo sur son (prétendu) MySpace et entendre des interviews (notamment sur sa vocation d'écrivain etc.)


Laissez des commentaires sur les sujets que je vous ai proposés pour que je sache de quoi vous parler demain, sinon je vous parlerai encore de bottes. 
Par Eric - Publié dans : Esthétique théâtrale - Communauté : Theatres
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Vendredi 15 août 2008


J’avais envie de parler d’une activité qui occupe une bonne partie de mon temps et qui de plus est une partie importante de mon œuvre, je veux dire du centre de formation artistique que j’ai monté à Lyon, mais je crois que ça ne va pas être possible ce soir parce que je suis en train d’écouter Madonna et que vraiment il est tout à fait impossible de se concentrer cinq minutes. Alors j’en profite pour vous donner le menu des prochains articles qui collent au plus près de l’in-actualité. Je vous propose de voter afin de me dire à quels articles vous souhaitez que je m’attache en premier :

 

En 1, un article sur l’art d’accorder les mets c’est-à-dire sur le centre de formation Arts en Scène (ce sera votre privilège de visiteurs de cet humble blog de pouvoir lire en avant-première mon discours tant attendu de rentrée !)

 

En 2, un article très modéré qui fera le constat d'un manque de nerfs du monde culturel lyonnais (artistes et responsables). D'où l'idée que nous mangions tous de la viande de taureau avant 2013. 

En 3, un hommage à Mamhoud Darwich

 

En 4, un hommage à Julyen Hamilton, improvisateur et penseur européen, mon maître inconnu.

 
En 5, quelques mots sur le mime.


En 6, si vous êtes suffisamment participatifs, je vous livrerai un  article très centriste sur les media que j’ai écrit pour le journal …491 il y a quelques années et qui m’a valu d’être célèbre jusque sur l’avenue du Président Kennedy puisque je me suis fait incendier par un journaliste de France Culture…

 

 

Enfin que voulez-vous, ce satané tempérament méditerranéen… Mais quand même on s’ennuie moins à me lire qu’en lisant le Progrès ou une interview d'un sportif des JO, non ?

 

Alors 1, 2, 3, 4, 5 ou 6 : exprimez-vous, à vos votes, citoyens !

 

Par Eric - Publié dans : Fantaisie - Communauté : Lyon !!
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Mercredi 13 août 2008

Dans la série "Nostalgie" et "j'écris mes mémoires".

C'est le titre d'un spectacle créé en 2003 et re-joué à Berlin en 2006. Avec David Lakein et moi-même.

C'était un spectacle interactif qui explorait les ratés de toute représentation théâtrale et qui mettait en scène deux ratés, deux fous furieux, l'un blanc, l'autre Auguste, deux clowns du décalage.

Le titre est un hommage à l'étoile montante de la danse contemporaine snob et au mari de Yoko Ohno qui était dit-il lui-même un "jealous guy", chanson qui nous plaisait.

A Lyon, le public arrivait au théâtre et les acteurs n'étaient pas prêts. Ils invitaient alors le public dans leur appartement (en fait, un appartement au 5ème étage au-dessus du théâtre) et là le public patientait, un peu étonné de se retrouver dans l'intimité de Boris et John. Tandis que John prenait une douche en chantant, Boris regardait la télévision et servait du thé au public.

Puis représentations au Festival de Ponderosa entre Allemagne et Pologne.

Et enfin... représentations au Ballhaus theater à Berlin, dans le quartier turc. Un théâtre étonnant tout de blanc vêtu, une ancienne salle de bal de la ville qui résonnait encore des pas des danseurs.

A Berlin, John arrivait en retard parce qu'il était resté trop longtemps à la synagogue tandis que Boris (c'était moi), le soir suivant, arrivait en retard parce qu'il passait son temps sur internet.

Voici la lettre d'excuse de Boris que  John lisait en allemand au public :

Cher John,


Je t’écris ce petit mot pour te dire que je vais probablement être un petit peu en retard ce soir pour le début du spectacle. J’espère que tu ne m’en voudras pas mais je viens juste de retrouver ma carte de connexion au Global Internet Café. Il me reste trois heures de jouissance d’internet dessus ! Comme il est 17h11 il se peut que j’arrive un peu un retard à l’expiration de ces trois heures de Bonheur absolu.
Le temps de finir cette lettre et le temps de faire l’aller-retour, et je serai avec toi en chair et en os pour commencer le spectacle. Je suis sûr que tu sauras mettre à profit tes kilo octets de créativité pour occuper le public avec un playful show.

Je ressens sais-tu un appel très puissant vers l’écran d’ordinateur the call of the Windows blue screen you know…

Comme le marin a besoin de la mer, l’amoureux de sa Belle, l’ivrogne de sa bouteille, le strip teaser du strass et des regards libidineux, j’ai besoin de mon clavier et de ma beloved mouse.

Je veux me retrouver dans cet espace temps où le temps n’existe pas, où tout est à portée de main et tout disponible à la seconde. Les cerveaux dans cette Verklichkleit sont comme connectés par United Network of Huge Thoughts en Wi-fi. Je fais partie d’une communauté virtuelle où j’ai tout plein d’amis qui durent le temps d’une connexion, d’un e-chat… Rien pas même les corps ne ralentit le débit de ces échanges sur-humains.

Voilà donc le Dasein de ton ami Boris, imagine le dans son café au milieu de ces ordinateurs si beaux, si parfaits et au ronflement charmant. Toute cette communauté virtuelle me manque tellement ; je ne peux pas m’en passer.

Il faut que j’arrête là cette missive si je ne veux pas être encore plus en retard, mais j’espère que tu ne m’en voudras  pas mon ami et que tu sauras être compréhensif avec ton ami.

Je t’embrasse John, à tout à l’heure.

Par Eric - Publié dans : Esthétique théâtrale - Communauté : Création contemporaine. Art
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